MontresLifestyle4,8/5

Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne

Trente-six millimètres d'acier, des flancs taillés dans la même écaille que les montures de lunettes, une couronne à midi sertie de lapis-lazuli et un cadran à deux niveaux, à 915 €.

YBYacine BouriFondateur & rédacteur en chef6 min de lecture
Briston Streamliner Kennedy Auto de trois quarts, boîtier acier à flancs d'acétate écaille, cadran bleu et bracelet acier
Briston Streamliner Kennedy Auto de trois quarts, boîtier acier à flancs d'acétate écaille, cadran bleu et bracelet acier

La fiche

Référence
261936.SA.T.9.SB, acier, cadran bleu
Boîtier
Carré 36 x 36 mm, acier brossé, flancs en acétate écaille
Cadran
Royal blue à deux niveaux, chiffres évidés, chemin de fer, centre guilloché
Mouvement
Miyota 9039 automatique extra-plat, 28 800 alternances par heure, sans date
Réserve de marche
Environ 40 heures
Glace
Saphir
Bracelet
Acier interchangeable, système double presto, boucle déployante gravée
Étanchéité
50 m, 5 ATM
Prix public
915 €

Il faut dire d'emblée où je veux en venir, parce que le reste de cet article ne fera que le démontrer : cette Streamliner Kennedy Auto est la meilleure chose qui me soit passée au poignet dans sa tranche de prix, et je ne l'ai plus quittée depuis. Neuf cent quinze euros, un automatique japonais, un boîtier carré de trente-six millimètres, et une idée que personne d'autre dans l'industrie n'a eue.

Le marché de la montre carrée est un cimetière de bonnes intentions. Toutes les maisons s'y essaient, toutes regardent vers la même vitrine de la place Vendôme, et presque toutes rendent une copie qui sent la révérence. On reconnaît ces montres à ce qu'elles n'ont plus rien à dire une fois qu'on a identifié le modèle dont elles s'inspirent. La Streamliner Kennedy Auto fait l'inverse. Elle assume le vocabulaire, boîtier carré et couronne à midi, puis elle y ajoute un mot que personne d'autre ne prononce. Ce mot change la phrase entière.

Les flancs en écaille, c'est-à-dire tout

Ce mot, c'est l'acétate. Briston taille les flancs du boîtier dans les mêmes plaques que les lunetiers utilisent pour les montures haut de gamme, puis les polit. Vue de face, la montre n'en laisse rien deviner : un carré d'acier brossé, net, presque austère. Il faut la tourner pour qu'elle se livre.

Et là, elle se livre entièrement. Sous une lumière rasante, l'écaille cesse d'être brune pour devenir ambrée et translucide, traversée de veines qui plongent dans l'épaisseur de la matière. La lumière ne rebondit pas dessus comme sur l'acier, elle y entre. C'est un comportement optique que le métal ne sait pas produire, et c'est pour cette raison précise que cette montre ne ressemble à aucune autre. Ce n'est pas une affaire de dessin, c'est une affaire de physique.

S'y ajoute une conséquence que j'aime plus encore. Une plaque d'acétate n'est jamais identique à la suivante. Le veinage de mon exemplaire n'existe nulle part ailleurs. On achète un produit fabriqué en série et on repart avec une pièce qui n'appartient qu'à soi, sans avoir rien demandé et sans avoir rien payé de plus. Très peu de marques offrent cela, à aucun prix.

Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne

La couronne à midi, un seul bijou et bien placé

La couronne est à midi, dans l'axe du bracelet, et elle est sertie d'un cabochon de lapis-lazuli. Le détail mesure quelques millimètres et il fait un travail considérable.

D'abord parce qu'il tombe au seul endroit du boîtier que le regard traverse à chaque lecture de l'heure. Ensuite parce qu'il est le seul bijou que la montre s'autorise. Une pierre, une seule, bien posée, sur un objet par ailleurs entièrement gouverné par la géométrie. C'est de la retenue, et la retenue reste la chose la plus difficile à tenir en design.

Il y a enfin le bénéfice pratique, qui ne se découvre qu'au port. Une couronne à trois heures sur un boîtier carré finit toujours par mordre le dos de la main. Ici, placée à midi, elle est hors du chemin. On ne la sent jamais. Le choix esthétique était aussi le bon choix ergonomique, ce qui n'arrive pas si souvent.

Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne

Un cadran qui récompense celui qui s'approche

Le cadran est construit en deux niveaux, ce qui reste rare dans cette gamme et se voit immédiatement. Le pourtour porte les index, chiffres romains aux quatre points cardinaux et chiffres arabes pour les heures intermédiaires, tous évidés dans la masse plutôt qu'imprimés en surface. Le centre est un carré en retrait, ceinturé d'un chemin de fer des minutes, rempli d'un guillochage qui s'enroule en spirale depuis l'axe des aiguilles.

À distance de bras, on lit un bleu royal profond et parfaitement calme. À vingt centimètres, le centre se met à tourner : la lumière court le long des sillons et dessine une rotation que l'œil suit malgré lui. C'est exactement ce qu'un grand cadran doit faire, une image simple de loin et une seconde lecture de près, et c'est un comportement qu'on associe d'ordinaire à des montres coûtant plusieurs fois ce prix.

Les aiguilles Dauphine en acier brossé, garnies de Super-LumiNova, sont fines et franches. Elles tranchent sur le bleu sans jamais l'encombrer, et elles restent lisibles dans la pénombre.

Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne

Le Miyota 9039, et le courage de ne pas mettre de date

À l'intérieur, un Miyota 9039 automatique dans sa version extra-plate. Le calibre bat à vingt-huit mille huit cents alternances par heure, ce qui donne une trotteuse qui glisse au lieu de sauter, et il annonce une quarantaine d'heures de réserve, soit le week-end entier posée sur la commode sans avoir à le remonter.

Ce que je retiens surtout, c'est l'absence de guichet de date. Le 9039 est précisément la variante sans date du 9015, et ce choix n'a rien d'une économie : c'est une décision d'esthète. Un guichet aurait percé le pourtour du cadran, cassé la symétrie des chiffres évidés et déséquilibré un dessin qui repose entièrement sur sa géométrie. Briston a préféré la cohérence visuelle à la fonction supplémentaire. Sur cette montre précise, c'est le bon arbitrage, et il fallait l'assumer face à un service commercial qui réclame toujours une case de plus sur la fiche produit.

Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne

Le bracelet, le confort, et les trente-six millimètres

Le bracelet acier reprend l'acétate dans ses maillons centraux. Le détail a l'air décoratif, il est structurant : il évite que la matière des flancs reste un accident isolé et l'installe comme le vrai sujet de la montre, du boîtier jusqu'à la boucle.

Il se change sans outil grâce au système à double presto, ce qui veut dire qu'un bracelet de cuir se monte en trente secondes et transforme complètement l'objet. La boucle déployante est gravée du nom de la maison.

Restent les trente-six millimètres. Sur le papier c'est petit, au poignet c'est juste. Un carré occupe visuellement davantage que sa mesure, parce qu'il remplit les angles là où un rond les laisse vides. Et le boîtier est plat, donc il passe sous une manche de chemise sans négociation, ce que les quarante millimètres de la concurrence ne savent plus faire.

Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne

La fiche, ligne par ligne

PosteDétail
BoîtierCarré 36 x 36 mm, acier brossé, flancs en acétate écaille
CouronneÀ 12 h, cabochon de lapis-lazuli
CadranRoyal blue à deux niveaux, chiffres évidés, centre guilloché
AiguillesDauphine acier brossé, Super-LumiNova
GlaceSaphir
MouvementMiyota 9039 automatique extra-plat, 28 800 alternances par heure
RéserveEnviron 40 heures
BraceletAcier interchangeable double presto, boucle déployante gravée
Étanchéité50 m, 5 ATM
Prix public915 €, fiche officielle Briston
Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne

Ce qu'elle vaut vraiment

Neuf cent quinze euros au tarif public Briston. Il existe d'autres façons de dépenser cette somme qui donnent davantage de mouvement, davantage de complications, davantage de lignes sur la fiche technique. Il n'en existe aucune qui donne cet objet.

C'est toute la question d'une montre, et la réponse tient dans les flancs. On ne paie pas ici une complication de plus, on paie une matière que personne d'autre ne va chercher, un cadran à deux niveaux introuvable à ce tarif, une pierre posée au bon endroit, et un dessin qui tient debout sans citer personne.

Une montre carrée qui n'imite aucune autre montre carrée est plus rare qu'un chronographe. Celle-ci y arrive, et elle y arrive avec élégance. Je la porte tous les jours et je n'ai aucune envie de la remplacer.

Note

4,8/5

Briston Streamliner Kennedy Auto : la carrée qui n'imite personne : note de 4,8 sur 5.

Le verdict

La seule montre carrée de sa tranche de prix qui ne cite personne. Les flancs en acétate écaille, le cadran à deux niveaux et le cabochon de lapis-lazuli forment un ensemble sans équivalent connu à 915 €, et le confort au poignet suit le dessin.

On a aimé

  • Les flancs en acétate écaille, uniques à chaque exemplaire, que l'acier ne sait pas imiter
  • Cadran à deux niveaux avec centre guilloché, une finition qu'on trouve d'ordinaire bien plus haut
  • Couronne à 12 h sertie de lapis-lazuli, esthétiquement juste et jamais gênante au port
  • Boîtier plat de 36 mm qui passe sous une manche de chemise sans effort
  • Bracelet interchangeable sans outil grâce au double presto

On a moins aimé

  • Pas de date, choix assumé mais à savoir avant d'acheter
  • Trente-six millimètres, un format qui suppose d'aimer les proportions classiques

FAQ

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'acétate écaille sur les flancs de la Briston Streamliner ?

C'est la même matière que celle utilisée pour les montures de lunettes haut de gamme, taillée dans des plaques puis polie. Elle est translucide, donc la lumière y pénètre au lieu de rebondir comme sur l'acier. Le veinage change d'une plaque à l'autre, ce qui rend chaque exemplaire différent.

Quel mouvement équipe la Streamliner Kennedy Auto ?

Un Miyota 9039 automatique dans sa version extra-plate, battant à 28 800 alternances par heure, pour une réserve de marche annoncée autour de quarante heures. C'est la variante sans date du 9015.

Pourquoi cette montre n'a-t-elle pas de date ?

Parce qu'un guichet aurait percé le pourtour du cadran et cassé la symétrie des chiffres évidés. Le dessin repose entièrement sur sa géométrie, Briston a donc préféré la cohérence visuelle à la fonction supplémentaire.

Trente-six millimètres, est-ce trop petit ?

Un boîtier carré occupe visuellement plus que sa mesure, parce qu'il remplit les angles là où un boîtier rond les laisse vides. Au poignet, les 36 mm tombent juste, et le profil plat passe sous une manche de chemise.

La couronne à midi gêne-t-elle au porter ?

Non, c'est même l'inverse. Une couronne à trois heures sur un boîtier carré finit par mordre le dos de la main. Placée à midi, dans l'axe du bracelet, elle reste hors du chemin.

Visuels produit : Briston.

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YB

Écrit par

Yacine Bouri

Fondateur & rédacteur en chef

Indépendant dans la publicité en ligne, je travaille de là où je pose mon ordinateur, avec une obsession pour les chiffres vérifiables. J'ai lancé BleuCarnet parce que les tests que je cherchais, wifi mesuré, coût réel, temps gagné, n'existaient nulle part en français.

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