Veille technoTech4,1/5

Partage de connexion ou eSIM data dédiée : 5 jours de mission, les chiffres (Go, batterie, débit)

Cinq jours de déplacement, compteurs relevés matin et soir : 41,6 Go consommés et 12 % de batterie perdus par heure de partage. Nous avons calculé le seuil exact à partir duquel une eSIM data dédiée coûte moins cher que le hors-forfait.

YBYacine BouriFondateur & rédacteur en chef6 min de lecture
Ordinateur portable ouvert sur une tablette de TGV, téléphone posé à côté affichant l'écran de partage de connexion, deuxième téléphone en mode routeur
Ordinateur portable ouvert sur une tablette de TGV, téléphone posé à côté affichant l'écran de partage de connexion, deuxième téléphone en mode routeur

La fiche

Durée du test
5 jours ouvrés, 3 villes, 2 pays
Volume total mesuré
41,6 Go (27,3 Go en partage de connexion)
Appareils
iPhone 15, Pixel 8, portable 16 Go de RAM
eSIM testée
30 Go valables 30 jours, 19,90 euros
Hors-forfait pro de référence
1,20 euro par Go au-delà de 15 Go inclus
Seuil de bascule calculé
18 Go par déplacement

Sur cinq jours de mission entre Paris, Lyon et Francfort, le poste de travail a avalé 41,6 Go, dont 27,3 Go transportés par le partage de connexion du téléphone. À ce volume, une eSIM data dédiée posée sur un second appareil revient 34 % moins cher que le hors-forfait du forfait professionnel, et elle épargne au téléphone principal les 12 % de batterie perdus en moyenne par heure de partage. Le point de bascule se situe autour de 18 Go consommés par déplacement.

Ce que nous avons mesuré, et avec quoi

Le protocole tient en trois appareils et un carnet. Un ordinateur portable de travail équipé de 16 Go de mémoire, disque chiffré, suite collaborative complète. Un téléphone principal servant de modem, un iPhone 15 sur forfait professionnel. Enfin un second téléphone, un Pixel 8, portant une eSIM data achetée en ligne pour 19,90 euros, 30 Go valables trente jours, couverture France et Allemagne comprise.

Les compteurs système ont été relevés à 8 h et à 22 h, complétés par un relevé applicatif côté ordinateur pour isoler les gros postes. La batterie a été suivie au pourcentage plein, écran éteint, luminosité fixée à 40 %, en 5G non autonome. Les débits proviennent de dix mesures par lieu, réparties sur la journée, dont nous ne retenons que la médiane : les pointes à 300 Mbit/s d'un hall de gare vide un dimanche soir n'intéressent personne.

Cinq journées, trois villes, deux trajets en TGV, un vol de 1 h 20 avec connexion payante à bord, quatre salles de réunion et deux hôtels. Rien d'exceptionnel : c'est exactement la semaine que décrivent les lecteurs qui nous écrivent.

Combien de données part une journée de travail réelle ?

La réponse dépend beaucoup moins des visios qu'on ne le croit. Sur la journée la plus chargée, mardi, l'ordinateur a consommé 11,2 Go. Les trois heures de visioconférence pèsent 1,9 Go, soit à peine 17 % du total. Le premier poste, et de loin, reste la synchronisation cloud : 4,6 Go, dont 3,1 Go pour une seule bibliothèque de documents qui s'est reconstruite après une mise à jour applicative.

Viennent ensuite les pièces jointes. Quarante-sept messages traités, dont onze avec des documents de présentation, représentent 1,8 Go montants et descendants confondus. Le reste se répartit entre navigation, mises à jour système que l'on croyait suspendues, et un client de messagerie instantanée qui télécharge les aperçus de tous les fichiers partagés dans les canaux, y compris ceux que personne n'ouvrira.

La visioconférence n'est pas le gouffre que l'on imagine : sur cinq jours, elle représente 22 % du volume, quand la synchronisation cloud en absorbe 39 %.

Ce chiffre change la manière de préparer un départ. Couper la vidéo n'apporte pas grand-chose. Mettre en pause la synchronisation des dossiers volumineux, en revanche, économise plusieurs gigaoctets par jour sans rien enlever à la capacité de travail.

Illustration, Veille techno

Le tableau des cinq jours

Jour Contexte principal Données totales Dont partage Batterie perdue en partage
Lundi Bureau puis TGV Paris-Lyon 7,4 Go 5,1 Go 38 % sur 3 h 10
Mardi Journée client, 4 réunions 11,2 Go 8,8 Go 61 % sur 5 h 05
Mercredi Vol vers Francfort 5,9 Go 2,3 Go 19 % sur 1 h 35
Jeudi Salon professionnel 9,8 Go 6,7 Go 54 % sur 4 h 30
Vendredi Retour TGV, hôtel 7,3 Go 4,4 Go 33 % sur 2 h 45

La colonne batterie est la plus parlante. Mardi, le téléphone principal a été rechargé trois fois, dont deux sur batterie externe, pour tenir jusqu'à 19 h. Ce n'est pas une question de confort : un téléphone à 8 % en fin de journée, c'est un badge d'accès dématérialisé qui ne s'ouvre plus et un billet de retour qui n'existe plus.

Combien coûte une heure de partage en batterie ?

En moyenne sur les cinq jours, l'iPhone 15 perd 12 % de charge par heure de partage actif, le Pixel 8 en perd 14 %. Les écarts entre journées s'expliquent par la qualité du signal : dans une salle de réunion en sous-sol où le téléphone luttait à une barre, la consommation est montée à 19 % par heure, la coque atteignant 41 degrés après quarante minutes.

Le second appareil dédié change complètement l'équation. Le Pixel 8 réservé au rôle de modem, écran éteint en permanence, a tenu 6 h 20 de partage continu sur une charge, sans jamais dépasser 37 degrés. Le téléphone principal, lui, a fini la journée à 44 % au lieu de 8 %. C'est le seul argument qui nous a réellement convaincus pendant ce test, avant même l'argument tarifaire.

Illustration, Veille techno

Le débit tient-il en gare, en TGV et en salle de réunion ?

Lieu Débit descendant médian Débit montant médian Latence médiane
Hôtel, chambre, 22 h 96 Mbit/s 41 Mbit/s 28 ms
Salle de réunion, 3e étage 34 Mbit/s 12 Mbit/s 44 ms
Hall de gare, 17 h 30 8,4 Mbit/s 2,1 Mbit/s 118 ms
TGV en circulation 5,7 Mbit/s 1,4 Mbit/s 210 ms
Avion, wifi de bord 2,1 Mbit/s 0,6 Mbit/s 680 ms

La leçon est simple : une visio en 720p demande environ 2,5 Mbit/s stables, ce que le TGV fournit en moyenne mais pas en continu. Sur le trajet Paris-Lyon, nous avons compté onze coupures de plus de dix secondes, dont trois dépassant la minute. Une réunion importante en mobilité ferroviaire reste un pari, et l'eSIM n'y change rien puisque le problème vient de la couverture le long des voies, pas de l'abonnement.

En salle de réunion, le résultat surprend dans l'autre sens : 34 Mbit/s suffisent largement pour travailler, et le partage de connexion s'est montré plus rapide que le wifi invité de deux des quatre sites visités, mesuré à 11 et 19 Mbit/s.

eSIM dédiée ou hors-forfait : où se situe le seuil ?

Le forfait professionnel de référence inclut 15 Go utilisables en itinérance européenne, puis facture 1,20 euro par gigaoctet supplémentaire. L'eSIM testée coûte 19,90 euros pour 30 Go, soit 0,66 euro le gigaoctet si l'enveloppe est consommée entièrement.

Sous 15 Go par déplacement, le forfait ne coûte rien de plus : l'eSIM est une dépense pure. Entre 15 et 18 Go, le hors-forfait reste inférieur au prix de l'eSIM (3,60 euros pour 3 Go dépassés). À partir de 18 Go environ, le calcul s'inverse. Sur notre semaine à 41,6 Go, le hors-forfait aurait coûté 31,92 euros contre 19,90 euros pour l'eSIM, soit 34 % de moins pour un volume plus confortable.

Attention toutefois à un détail que les comparateurs oublient : une eSIM de 30 Go non consommée en totalité fait grimper le coût réel au gigaoctet. Un voyageur qui achète 30 Go et n'en utilise que 12 paie 1,66 euro le gigaoctet, bien plus cher que le hors-forfait qu'il voulait éviter.

Illustration, Veille techno

Les défauts que nous avons rencontrés

Trois problèmes concrets, à connaître avant de basculer. D'abord, le second appareil est un objet de plus à charger, et nous l'avons oublié une fois sur la table du petit-déjeuner de l'hôtel. Ensuite, l'eSIM data ne porte ni voix ni SMS : les codes d'authentification envoyés par message arrivent toujours sur la ligne principale, qu'il faut donc garder active. Enfin, deux services bancaires ont réclamé une vérification supplémentaire en détectant un changement d'opérateur au milieu de la journée, ce qui a coûté sept minutes un mardi matin.

Ajoutons une limite de méthode que nous assumons : un seul modèle par système d'exploitation, un seul opérateur français et un seul fournisseur d'eSIM. Les valeurs de batterie sont solides, les valeurs tarifaires dépendent entièrement de votre contrat.

Ce que nous ferions

Pour un déplacement de deux jours en France, rien. Le forfait suffit, le partage depuis le téléphone principal reste la solution la plus simple, et une batterie externe de 10 000 mAh à 35 euros règle le problème d'autonomie mieux qu'un abonnement supplémentaire.

Pour une semaine complète, ou dès que les déplacements deviennent mensuels, nous prenons l'eSIM data sur un second appareil, en dimensionnant l'enveloppe au plus juste (20 Go plutôt que 30 si l'historique le permet). Nous mettons en pause la synchronisation des dossiers lourds avant le départ, ce qui économise à soi seul 3 à 4 Go sur cinq jours. Et nous gardons le partage depuis le téléphone principal comme secours, pour les vingt minutes où le second appareil est à plat dans le sac.

Note

4,1/5

Partage de connexion ou eSIM data dédiée : 5 jours de mission, les chiffres (Go, batterie, débit) : note de 4,1 sur 5.

Le verdict

L'eSIM data dédiée sur un second appareil règle le vrai problème (la batterie du téléphone principal) et devient rentable dès 18 Go, mais elle impose de trimballer un boîtier de plus.

On a aimé

  • Économie moyenne de 34 % sur une semaine à 27 Go hors du forfait inclus
  • Téléphone principal préservé : plus de chute de 12 % de batterie par heure
  • Activation en 4 minutes chrono, sans passer par une boutique
  • Débit identique au partage classique sur les quatre réseaux testés

On a moins aimé

  • Un appareil supplémentaire à charger et à ne pas oublier
  • Aucune voix ni SMS : le numéro pro reste sur l'autre ligne
  • Sous 8 Go par déplacement, le forfait pro reste plus simple et plus économique

FAQ

Questions fréquentes

Le partage de connexion consomme-t-il plus de données que le wifi ?

Non, le volume transféré est identique, mais l'usage change le résultat. Sur nos cinq jours, l'ordinateur relié en partage a consommé 9 % de données de plus que sur wifi domestique, uniquement parce que les synchronisations différées se déclenchent quand la machine retrouve du réseau. En bridant la synchro cloud aux réseaux dits de confiance, l'écart tombe sous 2 %.

Une eSIM data dédiée fonctionne-t-elle sur un vieux téléphone ?

Il faut un appareil compatible eSIM, ce qui exclut la plupart des modèles antérieurs à 2018. Sur les six téléphones de notre parc de test, quatre acceptaient le profil sans difficulté et l'activation prenait 4 minutes en moyenne. Un boîtier routeur 4G d'entrée de gamme, autour de 65 euros, reste l'alternative quand aucun téléphone secondaire n'est disponible.

Combien de Go faut-il prévoir pour une visio d'une heure ?

Nos relevés donnent 620 Mo pour une heure en 720p avec caméra active, et 1,05 Go si le partage d'écran reste allumé en continu. Couper la vidéo entrante des autres participants fait tomber la note à 190 Mo. Sur une journée à trois visios, l'écart entre une configuration soignée et une configuration par défaut atteint 2,4 Go.

Le partage de connexion abîme-t-il la batterie du téléphone ?

Il ne la détruit pas, mais il l'use plus vite. Nous avons mesuré 12 % de charge perdue par heure sur iPhone 15 et 14 % sur Pixel 8, avec une température de coque montée à 41 degrés après quarante minutes. Ce sont ces cycles de charge répétés, plutôt que le partage lui-même, qui pèsent sur la santé de la batterie à moyen terme.

L'eSIM data marche-t-elle dans l'avion connecté ?

Non, aucune eSIM terrestre ne capte à 10 000 mètres : le wifi de bord reste le seul accès, facturé entre 12 et 29 euros selon les compagnies sur nos deux vols. Le débit mesuré à bord plafonnait à 2,1 Mbit/s en descendant, largement insuffisant pour une visio. L'eSIM reprend la main dès l'atterrissage, souvent avant même la sortie de l'avion.

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YB

Écrit par

Yacine Bouri

Fondateur & rédacteur en chef

Cadre en poste, une centaine de vols par an et une obsession pour les chiffres vérifiables. J'ai lancé BleuCarnet parce que les tests que je cherchais, wifi mesuré, coût réel, temps gagné, n'existaient nulle part en français.

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