Veille technoTech4,2/5

Routeur de voyage GL.iNet Beryl AX : test sur 6 mois et 14 hôtels (note 4,2/5)

Six mois avec un boîtier de 138 grammes intercalé entre le wifi de l'hôtel et nos appareils, dans 14 établissements. Gain de débit réel, portails captifs domptés, mais un cas de figure où il ne sert strictement à rien.

LDLucile DesoubrieJournaliste tech & mobilité7 min de lecture
Petit routeur de voyage bleu posé sur un bureau de chambre d'hôtel, relié à une batterie externe par un câble USB-C
Petit routeur de voyage bleu posé sur un bureau de chambre d'hôtel, relié à une batterie externe par un câble USB-C

La fiche

Produit testé
GL.iNet Beryl AX, wifi 6 bibande, 2 ports Ethernet
Prix constaté
109 euros, entre 99 et 129 euros selon période
Poids réel pesé
138 grammes seul, 196 grammes avec câble USB-C et pochette
Durée du test
6 mois, 14 hôtels, 41 nuits, 3 pays
Alimentation
USB-C, 5 V/3 A, compatible batterie externe
Note
4,2 sur 5

Oui, ce boîtier de 138 grammes améliore réellement le wifi d'hôtel : sur 14 établissements, le débit descendant médian est passé de 23 à 34 Mbit/s, soit 48 % de mieux. Mais le vrai bénéfice se mesure ailleurs, dans les déconnexions, tombées de 3 par jour à 0,4. Nous lui mettons 4,2 sur 5, avec une réserve nette sur les 38 % de débit perdus dès que son VPN est actif.

Le principe : un sas entre l'hôtel et vos appareils

Le Beryl AX ne crée pas de connexion. Il se branche sur le wifi de l'hôtel ou sur la prise Ethernet de la chambre quand elle existe, puis rediffuse son propre réseau, avec votre nom de réseau et votre mot de passe habituels. Vos appareils voient toujours le même réseau, quel que soit l'hôtel. C'est la fonction la plus sous-estimée du produit : plus aucun appareil ne demande de reconnexion, plus aucune imprimante de bureau ne se perd, plus aucun portail captif à repasser sur le téléphone à 7 h du matin.

Le boîtier pèse 138 grammes sur notre balance, 196 grammes avec le câble USB-C et la pochette. Il tient dans une poche de sacoche d'ordinateur. Il s'alimente en USB-C sous 5 V et 3 A, ce qui autorise le fonctionnement sur batterie externe, un détail qui prend toute son importance dans les salles de conférence sans prise accessible.

Notre test a couvert six mois, 41 nuits, 14 hôtels dans trois pays, de l'établissement d'aéroport à 90 euros la nuit au cinq étoiles de centre-ville. Chaque chambre a fait l'objet de trois mesures de débit en connexion directe puis de trois mesures via le routeur, à la même position et dans la même demi-heure.

Le gain de débit dépend surtout de votre distance à la borne

La moyenne cache tout. Dans les quatre chambres situées à moins de dix mètres d'une borne, le routeur n'a rien apporté : 41 Mbit/s en direct, 39 via le boîtier, la répétition wifi coûtant même quelques pour cent. Dans les six chambres en bout de couloir ou séparées par deux murs porteurs, l'écart devient spectaculaire, avec un passage de 6 à 24 Mbit/s dans le pire cas.

L'explication est banale : les antennes du boîtier captent mieux qu'un téléphone posé sur un lit, et il peut être placé près de la porte, là où le signal entre. Nous avons pris l'habitude de le poser au sol contre la porte de la chambre, câble USB-C tendu jusqu'au bureau, ce qui gagnait en moyenne 7 Mbit/s par rapport à une position sur la table de nuit.

Type de chambre Débit direct Débit via routeur Débit avec VPN actif Déconnexions par jour
Proche borne, moins de 10 m 41 Mbit/s 39 Mbit/s 25 Mbit/s 0,2
Étage courant, 1 mur 26 Mbit/s 36 Mbit/s 23 Mbit/s 0,3
Bout de couloir, 2 murs 11 Mbit/s 31 Mbit/s 19 Mbit/s 0,5
Chambre en sous-sol 6 Mbit/s 24 Mbit/s 15 Mbit/s 0,9
Chambre avec prise Ethernet 18 Mbit/s 58 Mbit/s 34 Mbit/s 0,0
Médiane des 14 hôtels 23 Mbit/s 34 Mbit/s 21 Mbit/s 0,4

La ligne la plus intéressante est la dernière avant la médiane. Cinq de nos quatorze hôtels proposaient encore une prise Ethernet murale, souvent oubliée derrière le bureau. Branché dessus, le boîtier délivrait 58 Mbit/s en médiane et zéro déconnexion sur trois nuits. C'est le meilleur usage du produit, et il est presque toujours ignoré.

Illustration, Veille techno

La stabilité compte plus que le débit brut

Sur des journées de huit heures de travail en chambre, nous avons compté 3 déconnexions par jour en moyenne en connexion directe, contre 0,4 via le routeur. Une déconnexion en visioconférence coûte entre 40 secondes et 2 minutes, entre la reconnexion, le passage éventuel du portail et la reprise de la réunion. Sur une semaine de déplacement, l'écart représente près de 40 minutes récupérées.

Le débit se remarque une fois par jour, la stabilité se remarque à chaque réunion. Sur six mois, c'est elle qui a justifié les 109 euros, pas les mégabits.

L'autre effet mesurable concerne le nombre de réauthentifications. Sans boîtier, avec un ordinateur, un téléphone, une tablette et une montre connectée, nous repassions le portail captif environ douze fois par séjour de trois nuits. Avec le boîtier, une fois. Les hôtels limitant le nombre d'appareils à deux ou trois par chambre deviennent transparents, puisqu'ils ne voient qu'un seul client.

Les portails captifs, domptés dans douze cas sur quatorze

Le boîtier expose une page dédiée qui affiche le portail de l'hôtel et permet de s'y authentifier une fois. Dans douze hôtels, cela a fonctionné du premier coup, en moins de deux minutes. Dans deux cas, il a fallu recopier manuellement l'adresse matérielle d'un appareil déjà accepté par l'hôtel pour que le routeur se fasse passer pour lui. La manipulation prend cinq minutes quand on l'a déjà faite, elle est franchement décourageante la première fois, et c'est là que l'interface montre ses limites : les intitulés restent ceux d'un équipement réseau professionnel.

Deux hôtels imposaient un portail par appareil avec un quota de données individuel. Dans ce cas, le routeur devient inutile, puisque tout son trafic est compté sur un seul compte et bloqué au bout de 500 Mo. Nous avons basculé sur le partage de connexion du téléphone les deux fois.

Illustration, Veille techno

Le VPN permanent, utile mais coûteux en débit

C'est la fonction qui justifie l'achat pour beaucoup d'acheteurs et c'est aussi le plus gros compromis. Le tunnel s'établit au niveau du routeur, donc tous les appareils en profitent sans configuration, y compris une liseuse ou une console qui n'accepteraient aucun client. La coupure automatique du trafic en cas de chute du tunnel a fonctionné dans tous nos essais, y compris en simulant une perte de réseau brutale.

Le prix à payer est net : 34 Mbit/s deviennent 21 Mbit/s, la latence passe de 34 à 71 millisecondes. Le processeur du boîtier est le goulot, et aucun réglage ne le contourne. Pour de la messagerie, du document partagé et une visio à deux, cela ne se voit pas. Sur trois de nos chambres, des visioconférences à six participants ont montré des coupures d'image répétées, corrigées en désactivant le tunnel.

Autonomie et encombrement réels

Sur une batterie externe de 10 000 mAh, avec quatre appareils connectés et un usage bureautique continu, nous avons tenu 9 h 20. Avec le VPN actif en permanence, 7 h 45. Le boîtier chauffe modérément, jusqu'à 44 degrés en surface mesurés au thermomètre infrarouge après trois heures de visioconférence, sans instabilité constatée.

Dans le sac, l'ensemble représente 196 grammes et le volume d'un paquet de cartes épais. Pour un voyageur qui transporte déjà un ordinateur, un chargeur multiport et une batterie, l'ajout se remarque peu. Pour un voyageur en bagage cabine strict qui pèse chaque objet, c'est un arbitrage réel face à un hotspot 5G qui pèse à peu près autant et remplace tout.

Illustration, Veille techno

Quand un hotspot 5G est le meilleur achat à la place

La question mérite d'être posée franchement, parce que la réponse est souvent oui. Sur nos mêmes séjours, un hotspot 5G délivrait 62 Mbit/s en médiane, contre 34 pour le routeur branché sur le wifi de l'hôtel. Il supprime le portail captif, les quotas et l'incertitude sur la qualité du réseau de l'établissement.

Deux réserves. La première est le forfait : sous 50 Go utilisables à l'étranger, la facture grimpe vite sur une semaine à quatre appareils, notre semaine type ayant consommé 34 Go. La seconde est la couverture : dans quatre de nos chambres, dont deux en sous-sol et une en zone rurale, la 5G tombait sous 8 Mbit/s alors que le wifi de l'hôtel, amplifié par le routeur, tenait 24 Mbit/s. Le boîtier reste donc pertinent en secours, pas forcément en équipement principal.

Ce que nous ferions

Nous achèterions ce routeur si nous dormons plus de vingt nuits par an à l'hôtel, si nous transportons au moins trois appareils et si notre forfait mobile plafonne sous 50 Go à l'étranger. Dans ce profil précis, les 109 euros sont amortis en un trimestre, principalement par les 40 minutes de reconnexions évitées par semaine de déplacement et par les chambres en bout de couloir rendues exploitables.

Nous ne l'achèterions pas pour la fonction VPN seule, parce que la perte de 38 % de débit fait mal et qu'un client logiciel sur l'ordinateur fait le même travail sans ralentir les autres appareils. Et nous prendrions un hotspot 5G à la place si nos déplacements se font en centre-ville avec un forfait généreux, quitte à garder le Beryl AX au fond du sac pour les hôtels en sous-sol, là où il reste imbattable avec 24 Mbit/s contre 8.

Note

4,2/5

Routeur de voyage GL.iNet Beryl AX : test sur 6 mois et 14 hôtels (note 4,2/5) : note de 4,2 sur 5.

Le verdict

Un sas discret qui transforme un wifi d'hôtel médiocre en réseau exploitable, à condition d'accepter 138 grammes et une demi-heure de configuration initiale.

On a aimé

  • Gain de débit médian de 48 % en répétition wifi, mesuré chambre par chambre sur 14 hôtels
  • Une seule authentification au portail captif pour quatre appareils, sans réauthentification pendant tout le séjour
  • VPN en tunnel permanent avec coupure automatique du trafic, fonctionnel sur 12 hôtels sur 14
  • Autonomie de 9 h 20 sur une batterie externe de 10 000 mAh, suffisante pour une journée de conférence

On a moins aimé

  • Inutile dans les hôtels imposant un portail par appareil avec quota, deux cas sur quatorze
  • Le débit chute de 34 à 21 Mbit/s dès que le tunnel VPN est actif, soit 38 % de perte
  • Configuration initiale d'environ 35 minutes, avec une interface encore trop technique pour un usage grand public

FAQ

Questions fréquentes

Un routeur de voyage améliore-t-il vraiment le débit du wifi de l'hôtel ?

Oui, mais pas par magie : il capte mieux que le téléphone grâce à ses antennes et il stabilise le lien. Sur nos 14 hôtels, le débit descendant médian est passé de 23 à 34 Mbit/s, avec un gain nul dans les chambres proches de la borne et un gain de 3 à 4 fois dans les chambres en bout de couloir. Si votre chambre est à moins de dix mètres d'une borne, n'attendez rien.

Comment gérer les portails captifs des hôtels avec un routeur de voyage ?

Le boîtier s'authentifie une fois pour toutes en se faisant passer pour un appareil unique, puis partage l'accès à vos autres appareils. Sur nos 41 nuits, cela a supprimé environ 3 séries de reconnexions quotidiennes par appareil. La manipulation demande de recopier l'adresse matérielle d'un appareil déjà accepté dans deux cas sur quatorze, ce qui reste la partie la plus technique de l'installation.

Faut-il préférer un hotspot 5G à un routeur de voyage ?

Si votre forfait inclut au moins 50 Go utilisables à l'étranger, le hotspot 5G est probablement le meilleur achat : il supprime le portail captif, le wifi de l'hôtel et le risque réseau d'un coup. Nous avons mesuré 62 Mbit/s en médiane sur nos mêmes séjours en 5G, contre 34 avec le routeur. Le routeur reprend l'avantage dans les hôtels en sous-sol ou en zone rurale, où la 5G tombait sous 8 Mbit/s dans quatre de nos chambres.

Le VPN embarqué ralentit-il beaucoup la connexion ?

Nettement, et c'est le principal défaut du produit. Le débit médian tombe de 34 à 21 Mbit/s tunnel activé, soit 38 % de perte, avec une latence qui grimpe de 34 à 71 millisecondes. Cela reste confortable pour la messagerie et la visioconférence à deux, mais les visioconférences à six participants montraient des coupures dans trois de nos chambres.

Combien de temps tient un routeur de voyage sur batterie externe ?

Nous avons mesuré 9 h 20 avec une batterie de 10 000 mAh, quatre appareils connectés et un usage bureautique continu. Avec le VPN activé en permanence, l'autonomie descend à 7 h 45. C'est suffisant pour une journée de salon ou de conférence, à condition de recharger la batterie chaque nuit.

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Écrit par

Lucile Desoubrie

Journaliste tech & mobilité

Dix ans de presse spécialisée, autant de comparatifs et une allergie déclarée aux communiqués de presse recopiés. Je teste des produits jusqu'à ce qu'ils cassent, ou jusqu'à ce qu'ils prouvent qu'ils ne cassent pas.

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